#webtube : En ce soir de réveillon de Noël, on s’est permis d’intégrer cet article de Charles Gave au sein d’un conte de Noël. On espère qu’ilne nous en voudra pas.
Charles Gave :
Comme le disait un humoriste anonyme, faire des prévisions est extrêmement dangereux, surtout quand il s’agit du futur.
Certes, je ne fais pas de prévisions mais, si je vends quelque chose c’est que je pense qu’il va baisser, et si j’achète autre chose c’est parce que j’espère que cela va monter…
Ce ne sont pas des prévisions mais des « attentes » raisonnables.
Ce qui est le plus agaçant dans ce métier qui est le mien n’est pas d’avoir tort (ca arrive tout le temps) mais d’avoir partiellement raison.
Je m’explique.
Prenons la Chine.
Il y a quatre -cinq ans, je dis à tous ceux qui veulent bien m’écouter qu’il faut vendre ses obligations françaises pour acheter des obligations chinoises. Cette recommandation est accueillie par une solide indifférence, voire par une certaine hostilité.
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Vérifions : Quasiment 50 % d’écarts entre les deux actifs. Je me congratule.
Continuant sur ma lancée, fin Janvier 2024 et à nouveau en septembre, j’annonce et c’est une grande première pour moi (à 81 Ans), qu’il faut acheter le marché des actions Chinois, en baisse continue depuis des années, de nouveau dans l’indifférence générale
Voici le résultat.
Je suis en hausse de 79 % en moins de deux ans et je commence à me prendre au sérieux.
Enhardi par tant de compétence, j’annonce que l’euro va maintenant baisser vis-à-vis renminbi et passer de 7.75 y/e à 7 y/e ou en dessous.
Il baisse gentiment à 7.50, et puis, sur une foucade de monsieur Trump remonte sèchement à près de 8.4
Non seulement j’ai l’air idiot mais en plus ceux qui ont acheté des actions et des obligations chinoises gagnent beaucoup moins exprimé en euro. Que j’ai l’air idiot n’a aucune conséquence grave. Que ceux qui ont suivi mes conseils perdent de l’argent est extrêmement embêtant tant très peu de gens ont le moindre sens de l’humour quand il s’agit de leur argent.
Heureusement, la moyenne mobile à 6 mois vient d’être cassée (vers les bas) et la grande hausse du renminbi que le monde entier attend depuis des années a -peut-être- commencée ..
Si cela était le cas il faudrait s’attendre à des conséquences importantes sur les marchés financiers dans le monde.
Prenez l’or par exemple.
Dois-je investir en or ou en actions chinoises ? Voyons
Depuis 2024, je suis investi dans les deux, tant le marché chinois est bon marché par rapport à l’or (ratio aux alentours de 60).
Mais si le renminbi se met à monter, il me va falloir vendre mon or puisque l’or risque de baisser en monnaie chinoise, mais pas en euro…
Mais pour acheter quoi ? Peut être des obligations longues au Japon ?
Vérifions
Si vous êtes madame Watanabe, aujourd’hui, vous pouvez vendre 1/9 de vos positions en or et racheter la totalité de la position en 30 ans Japonais que vous aviez vendu en 2020 pour acheter de l’or. Voilà qui est tentant…
Conclusion.
Ce que j’ai voulu montrer est que le travail du gérant n’est pas d’avoir raison tout le temps, mais de s’adapter en permanence à ce qui se passe et, en général, de vendre quelque chose que tout le monde aime pour acheter autre chose que tout le monde déteste.
Et donc de ne jamais tomber amoureux de ses positions. L’or ne sait pas que vous l’aimez et les obligations japonaises ne savent pas que tout le monde les déteste. Il faut rester froid comme un calamar et discipliné comme un teuton. Le reste suivra, mais vous n’aurez jamais la paix. Et tout le monde dira que vous êtes fou.
Mais, comme le disait Jules Renard (je crois) ; Il n’y a pas de plaisir plus subtil que de se faire traiter d’idiot par un crétin.
#webtube : Témoin de la naissance du Christ, cette relique assista à l’événement fondateur de notre civilisation chrétienne. L’histoire du christianisme est jalonnée de récits et de traditions liés aux reliques du Christ. Ces objets de dévotion, perçus comme des témoins tangibles de la vie de Jésus, sont le plus souvent associés à la Passion, à l’image de la Sainte Lance ou de la Couronne d’épines. Cependant, parmi ces trésors, l’un d’eux se distingue en renvoyant non au sacrifice et à la mort, sur la croix, du Messie mais à l’aube même de son existence terrestre : le Saint Berceau. Selon la Tradition, cette relique serait constituée de simples planches de bois provenant de l’humble mangeoire dans laquelle l’Enfant Jésus fut déposé à sa naissance.
#webtube :Le logo du recyclage est partout, sur tous les produits, toutes les poubelles, toutes les affiches. Pourtant, nos villes, nos campagnes et nos mers sont jonchées d’ordures. On recycle tout le temps, et les détritus sont partout. Il y a quelque chose de pourri au royaume des poubelles.
Selon les chiffres officiels, un Français jette chaque année 360 kilos de déchets. Un kilo par jour et par habitant, dont 40 % est recyclé. On pourrait faire mieux : les Allemands recyclent environ 60 % de leurs déchets. A chacun donc d’être un éco-citoyen responsable et nous entrerons dans une économie circulaire où l’on n’aura plus besoin d’extraire des matériaux, un monde sans mines, sans décharges et sans pollution, un monde aux ressources illimitées, bref un pays de cocagne.
Ces chiffres officiels sont parfaitement exacts et parfaitement trompeurs, car ces 360 kilos par an et par habitant de déchets ménagers ne représentent qu’une part de nos déchets. Si l’on ajoute les déchets mis en déchetterie, on passe à 600 kilos par an. Si l’on ajoute tous les déchets issus de la production des marchandises avant même qu’elles ne soient consommées et jetées, ce qui donne l’emprunte matière globale, on arrive à la masse réelle des déchets : 12 tonnes par habitant et par an. Chaque kilo jeté n’est donc que le bout du processus, la partie émergée de l’iceberg des déchets. A chaque kilo d’ordures ménagères il faut ajouter 20 kilos invisibles et pourtant bien réels.
Produire un T-shirt fait 7 kilos de déchets, en majorité les résidus du charbon brûlé – le textile est produit en Asie – résidus toxiques et non recyclables. Une simple tomate industrielle de quelques grammes mise au composteur traîne après soi toute sa production (machines, engrais, énergie, transports) qui génère d’énormes quantités de déchets. L’addition est lourde dès que l’on regarde l’emprunte globale : 100 milliards de tonnes sont extraits chaque année – en gros, une muraille de 10 mètres de large, 275m de haut, faisant le tour de la terre, chaque année. Sur cette masse, 30 % sont recyclables et 9 % sont effectivement recyclés.
Cette masse de déchets ne cesse de croître. On s’attend à 70 % de déchets en plus d’ici 2050, le seul plastique dans les océans devrait tripler d’ici 2040. On produit toujours plus de déchets, la majorité de ces déchets n’est pas recyclée mais perdure et s’accumule. Ce bilan accablant conduit à une question essentielle : si l’on recycle en réalité si peu, moins de 10 %, est-ce pour des raisons conjoncturelles – le recyclage est mal organisé – ou pour des raisons structurelles ? Pour trois raisons, les limites du recyclage sont structurelles.
Les limites structurelles du recyclage
D’une part pour des raisons physiques. On connaît la célèbre formule de Lavoisier « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». On sait moins souvent que cette formule est fausse. La loi d’entropie, la seconde loi de la thermodynamique, établit une déperdition inévitable : il est impossible de recycler à 100 %. L’aluminium se recycle sans aucun problème, pourtant recycler une canette ne donnera jamais une autre canette. De même, avec les textiles usagés on fait des chiffons de piètre qualité non recyclables. Les emballages en carton deviennent du papier toilette, non recyclable. Les bouteilles en plastique donnent de la laine polaire, non recyclable. Ce que l’on appelle recyclage n’est pas une boucle infinie mais une réutilisation un nombre limité de fois. Cerise sur le gâteau, le recyclage est une industrie, qui comme toutes les industries consomme de l’énergie – on chauffe beaucoup pour recycler – et génère des déchets ultimes, non recyclables.
D’autre part pour des raisons techniques. Plus un produit est technologiquement avancé, plus il est difficile à recycler : miniaturisé, contenant d’innombrables matériaux en quantités infimes, sans cesse renouvelé ce qui empêche de créer des chaînes de recyclage industriel. De vieilles chaussettes en coton se recyclent aisément, pas des chaussettes anti-transpirantes contenant de l’aluminium et des fibres synthétiques. Le progrès technique n’améliore pas le recyclage, mais le diminue : plus on innove, moins on recycle.
Enfin, pour des raisons économiques. La croissance économique réclame toujours plus de marchandises toujours plus éphémères grâce à la mode, l’obsolescence programmée, l’innovation. Ce sont autant de déchets : la courbe du PIB et celle des déchets sont corrélées. La mondialisation accentue ce phénomène : pour produire à bas coût on produit loin, donc on transporte, donc on emballe. Mais en même temps qu’elle démultiplie les déchets, la croissance limite le recyclage. Les experts ne parlent pas de « recyclage » comme tout le monde, mais de « valorisation des déchets » : cela dit tout. Il s’agit transformer les déchets en ressources. En les considérant comme des marchandises ayant de la valeur on les soumet à la loi des marchandises, la loi du profit. La valorisation n’est donc possible que si le coût des matériaux recyclés est égal ou inférieur au coût des matériaux neufs. L’or est recyclé à 99 %. Le lithium, qui ne vaut rien, est recyclé à 1 % bien qu’il soit présent dans toutes les batteries. Le recyclage n’est pas une démarche écologique, c’est une autre manière d’extraire des matériaux, qui considère la ville et ses poubelles comme une mine à exploiter dans la stricte limite de la rentabilité économique. Le recyclage ne diminue pas l’extraction, il s’y ajoute.
Les riches déversent leurs déchets chez les pauvres
Résumons. Contrairement à tous les discours, contrairement à ce petit logo vert omniprésent, nous recyclons très peu, moins de 10 % de l’empreinte matérielle globale. La masse déjà phénoménale de déchets produits ne cesse de croître. Ce n’est pas essentiellement dû à l’incompétence des politiques ni à la négligence des particuliers, c’est lié à des causes structurelles, physiques, techniques, économiques. La société de consommation génère toujours plus de déchets qu’elle ne peut pas recycler, tout en prétendant recycler pour décomplexer le consommateur. Ces déchets s’accumulent partout, dans des décharges, dans l’air lorsqu’ils sont incinérés, dans les océans, dans nos poumons, dans nos cheveux, dans nos cellules. Tout est saccagé, même l’espace où orbitent 150 millions d’objets divers, satellites obsolètes, morceaux de fusées, débris.
Cette accumulation de déchets pose des problèmes éthiques, puisque les riches déversent leurs poubelles chez les pauvres, en particulier en Afrique. Il ne faut pas s’étonner s’ils quittent leurs terres souillées pour venir chez nous. L’accumulation des déchets pose aussi des problèmes sanitaires : la pollution de l’eau et de l’air fait 11 millions de morts par an, soit la létalité moyenne de la seconde guerre mondiale (60 millions de morts en 5 ans). Cela pose enfin des problèmes esthétiques que n’importe qui peut constater. Chaque jour notre monde devient un peu plus une poubelle, à cause de la divine croissance économique. Le veau d’or patauge dans sa fange.
Les déchets sont ainsi un puissant révélateur de la réalité concrète que les beaux discours du recyclage dissimulent. Montre-moi tes poubelles, je te dirai qui tu es. Le verdict est sans appel : le capitalisme, avec sa production industrielle, sa société de consommation et sa soif intarissable de profit, a comme envers une accumulation sans cesse croissante de déchets. Il façonne un monde injuste, insalubre et laid. Si l’on n’aime pas trop fouiller dans nos poubelles, c’est aussi parce qu’elles nous rappellent que l’on ne peut pas rechercher la vertu et en même temps la croissance, aimer la nature et l’innovation, désirer la beauté et la réindustrialisation. Tous les vertueux petits logos verts n’y changeront rien : le monde de l’argent est un monde d’ordures.
N.B. : Les chiffres ici donnés viennent de chercheurs reconnus issus d’institutions publiques et d’ONG patentées : J. Cavé (IRD) & Y-P. Tastevin (CNRS), La Civilisation du déchet ; N. Gontard (INRAE) : Plastique, Le grand emballement ; F. Berlingen (Zero Waste) : Recyclage, Le grand enfumage ; les rapports de Systex.
#webtube : Ce soir, on choisit la magie : le sapin qui brille, la bougie qui sent la cannelle, et cette petite voix intérieure qui chante quand même, même quand les réponses n’arrivent pas. Santa, merci pour les leçons, et merci pour les chansons qui nous accompagnent depuis 10 ans dans nos plus beaux espoirs (et nos plus jolis doutes). Joyeux Noël à ton cœur, prends soin de lui
#webtube : Tonight, we choose magic: the twinkling Christmas tree, the cinnamon-scented candle, and that little inner voice that still sings, even when the answers don’t come. Santa, thank you for the lessons, and thank you for the songs that have accompanied us for the past 10 years through our most beautiful hopes (and our most beautiful doubts). Merry Christmas to your heart, take care of it.
#webtube : Ni gloire ni médailles pour ces oubliées de la grande muette, et souvent peu de reconnaissance et de gratitude. Alors que nombre de familles françaises se retrouvent pour Noël, certaines sentent encore un peu plus le poids de l’absence : ce sont les familles des militaires en mission. Des parents, des épouses, des enfants de militaires qui ont le cœur à la fête et un peu serré. Ce sont en majorité des femmes qui attendent et servent de base arrière (82,7 % des militaires sont des hommes, selon le ministère de la Défense), des femmes qui, comme leur mari, leur fils ou leur père, connaissent la valeur du devoir et du sacrifice et méritent, elles aussi, de la reconnaissance.